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Architecture valléenne |


Au siècle dernier
les moyens de communication étaient quasi nuls, et les déplacements longs
se limitaient à ARGELES. Au cours de leur vie les villageois ne dépassaient
guère LOURDES ou TARBES .
Et encore parce qu'il fallait se rendre à la conscription!
Dès lors, la topographie des lieux et l'éloignement des villages au
fond des vallées, ont conduit les habitants à vivre en autarcie.
Cette configuration a forgé un mode de vie où l'agriculture rythmait
la vie des habitants des vallées et occupait la place prépondérante du labeur.
l'agrigulture représentait jusqu'à 99% des métiers dont certains ont aujourd'hui
disparu tel le foulon meunier qui récoltait la laine pour réaliser des
vêtements.
L'agriculture façonna l'ordonnance de l'habitat. Pour préserver les
terres, les villages étaient généralement édifiés sur les parcelles pauvres
à l'activité agricole, les bonnes terres, notamment les faibles pentes, étant
réservées aux cultures.
L'homme a toujours construit sa demeure avec les matériaux qu'il trouvait
sur place.
La pierre pour les murs, la chaux pour les enduits, le bois pour la charpente
et les menuiseries, le chaume puis l'ardoise pour la toiture constituèrent
les matériaux de base qui ont permi aux habitants des vallées d'édifier leurs
demeures et celles de leurs bêtes.
Le village s'organisait autour d'un ou plusieurs points
d'eau. Chaque îlot lié à un point d'eau constituait un quartier.
L'eau servait à la consommation humaine bien sûr, mais aussi à celle
des bêtes. Des bâtiments lavoir remplissaient cette multi-fonction. La force
motrice, si le ruisseau était abondant, était utilisé par des moulins dont
les énormes roues en granit transformaient le blé en farine.
(Voir les moulins d'Arcizans-Dessus).
Les bêtes logeaient tout l'hiver dans des granges situées dans le village
ou à proximité.Elles passaient de grange en grange tant qu'il y avait du foin.
Et au printemps elles gagnaient les pacades ou estives pour passer tout l'été
avec un berger.
Libéré de l'occupation des bêtes une activité intense régnait dans
la vallée, la fenaison le regain étaient engrangés pour l'hiver et chaque
pièce de terrain rendait ses mottes de foin.
L'automne était consacré à la récolte du maîs, des fruits. C'est la
saison de la taille des haies qui entourent les prés.
Toujours par souci de préserver les terres, la maison est construite
en bordure du chemin.
La cour d'entrée, lorsqu'elle existe distribue les divers bâtiments
de la ferme, le poulailler, les poules à l'étage et les cochons en bas !,
la grange avec les bêtes. Sur l'arrière on trouvait le verger (pêchers, pommiers)
puis les prés.
Le premier regard que l'on pose sur cet habitat, montre une certaine
homogénéité, puis en regardant dans le détail, on s'aperçoit que chaque construction
est unique, chaque village est unique. Des bâtisseurs ont marqué de leurs
empreintes leur passage par des détails particuliers. A Arbéost, au hameau
des Bourrinquets on trouve des maisons plus petites qu'ailleurs. Faut dire
que l'espace est rare. Observez les lucarnes des maisons anciennes, vous verrez
que l'ardoise des flans est posée perpendiculairement à la pente de la toiture.
Ce détail est unique dans la vallée et dans les villages avoisinants.
Pour afficher sa position sociale le villageois utilisait aussi des
détails architecturaux. L'appareillage en pierres de taille de la porte d'entrée
en est le témoignage,souvent prolongée par des escaliers ouvragés dont les
sculptures du bois sont d'une finesse et d'une solidité remarquables.
L'entrée de la maison est située, à quelques rares cas près, au milieu
de la bâtisse. Elle donne sur un hall, d'où part l'escalier, et distribue
d'un côté la pièce à vivre et de l'autre la souillarde.
Dans la pièce à vivre un lit à chaque coin, la cheminée pour se chauffer
et cuire les aliments, le four à pain une grande table et des bancs. Le sol
est souvent fait de terre.
La souillarde servait de garde manger, on y pendait les jambons, les ventrêches.
Dans cette pièce, le soir, on égrenait le maïs au cours de veillées où les
conteurs excellaient dans l'art de rendre plausible l'imaginaire et de perpétuer
les légendes.
A l'étage, lorsqu'il y en avait un, se trouvaient les chambres et parfois
une galerie extérieure. Le grenier servait pour faire sécher le maïs. Les
bogues coincées dans des lattes de bois puis recouvertes de plâtre, étaient
utilisées à la réalisation de cloisons.
Voici une serie de photos de bâtiments qui ont été volontairement détourés afin de ne conserver que l'objet, mettant en valeur la qualité architecturale de ces édifices